mardi 21 août 2007

Désobéissance

Photo : Reuters

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

tiré de la constitution « montagnarde » de 1793, Article 35.

L’appel des Résistants

14 Mars 2004 - Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et transmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.

Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

- Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l’éducation pour tous, presse délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc.

Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ?

Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

- Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

- Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection :
Créer, c’est résister.
Résister, c’est créer.

Signé : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.


Il est des textes qui font du bien...

Comment faire coïncider cette nécessité de désobéissance, de résistance, même non violente, avec l'éducation de nos enfants, l'apprentissage des limites, des règles de la société ?

En voilà un défi intéressant à relever !!!!!

Qui a dit qu'élever un enfant était ennuyeux ?

http://www.desobeir.net/

lundi 20 août 2007

La nuit des Tournesols


"La nuit des Tournesols" est un film espagnol de Jorge Sánchez-Cabezudo... Il analyse le viol d'une femme et le meurtre d'un paysan qui ont lieu la même nuit, selon 5 points de vue de personnages différents. L'action a pourtant lieu de façon chronologique, on ne voit jamais une scène deux fois.

C'est simple, mes poils se sont dressés sur tout mon corps dès les premières secondes, et 24 heures après je n'ai pas encore réussi à les recoiffer...


Il fait réfléchir sur la notion de justice : pourquoi rendre justice, pour qui ? le criminel ? la victime ? la société ?

Mes lecteurs juristes devraient courir le voir si jamais ils étaient en quête de motivation et de sens pour leur travail...


Je me dis qu'il faudrait le montrer à toutes les jeunes filles violées qui hésitent encore à porter plainte, de peur de "réveiller le monstre qui dort"... en fait, le monstre ne dort jamais vraiment pour tout le monde. mais je sais bien que ce n'est pas si simple...

Stéphane Audeguy, La théorie des Nuages


Franchement ce livre est une pure merveille.

Il parle d'amour, de mélancolie, de passion pour la nature, tout ce que je suis en ce moment quoi. Le tout sans aucune longueur... La langue est vraiment époustoufflante de beauté.

Pile poil ce qu'il me fallait pour les vacances, je le prête à qui veut !

Retour...



Coucou, chers tous de l'internet mondial,

aujourd'hui trois messages pour le prix d'un, ils étaient restés coincés dans mes brouillons...

je suis de retour de vacances... de retour d'une sacrée épreuve, traversée sans sourciller, hem... ou presque.

j'avoue que je n'avais pas anticipé qu'être sur la plage seule avec deux enfants dans cette contrée peuplée d'êtres préhistoriques et de femmes recroquevillées qu'est l'Andalousie serait un tantinet compliqué...

chères Andalouses, je vous aime, je vous adore mais... je vous en supplie... libérez-vous !!!!!! Heureusement que j'en ai rencontré une ou deux qui m'ont permis de m'assurer que le genre s'éveille un peu...

j'ai pu constater un mélange d'envie et de colère dans vos questions... seule ? sans mari ? avec tes enfants ? à la plage ? trois semaines ? et... ça va ?

ben oui ça va. curieusement ça va même pas mal du tout...



J'ai l'impression de revivre... même quand c'est dur, même quand je rêve d'amour, même quand je me sens seule, rien n'est comparable à la souffrance d'être accompagnée par quelqu'un qui ne nous aime plus, que l'on n'aime plus, et avec qui on se force à cheminer, pour ne pas bousculer, sans écouter la violence qu'on se fait à soi même sans bruit...

Et maintenant j'ai un secret à dire à certains d'entre vous : vous les couples que j'ai vus se promener au bord de la plage, le soir, regarder le coucher de soleil, regarder le soleil dans le regard de l'autre, respirer le bonheur d'être ensemble, d'échanger des gestes tendres, de passer du temps à rendre la vie de l'autre jolie... Je vous ai d'abord détestés, vous m'avez fait pleurer, regretter... et, finalement, j'ai trouvé tant de plaisir malgré moi à vous observer... vous êtes beaux et importants pour moi. Il est difficile de décrire pourquoi, mais, plus je vous regarde et plus je me réconcilie avec la vie...

Vraiment, l'amour rend la vie digne d'être vécue.

samedi 7 juillet 2007

vendredi 29 juin 2007

you're the one I want

John Travolta, vous êtes une grosse pourriture.



Vous passez tout le film à avoir honte de cette petite fille modèle que vous avez sautée sur une plage face au soleil couchant un soir d'été juste avant la rentrée tout ça... (houlala c'est sucré à gerber...)

Et vous assumez enfin pleinement votre amour quand elle s'habille enfin comme une grosse pouffe !




Non, mais on croit rêver...



Et dire que ça a bercé mon adolescence tout ça... (et celle de certains autres...)

Mais qu'est-ce qu'on nous a servi comme histoires d'amour de merde !!!!

Je veux de l'amour ! DU VRAI !

Vieille rengaine...



Mon père me dit toujours ...

que je n'ai pas à tenir compte de son opinion.

que je n'ai pas à essayer de lui plaire, à essayer de faire selon ce qu'il voudrait.

que je n'ai pas à attendre son approbation.

que je dois accepter que souvent, il n'est pas d'accord avec moi, et que ça ne devrait pas me perturber.

que c'est ça grandir, accepter que ses propres parents n'approuvent pas, n'auraient pas fait comme ça, sont en désaccord profond... et passer son chemin.

Sauf que ça fait 30 ans qu'il me tient le même discours...

Si tu m'avais permis d'avoir conscience de ma valeur...

Si tu m'avais regardé avec admiration quand j'ai su faire du vélo la première fois...

Si tu m'avais encouragé dans mes choix d'adolescente...

Si tu m'avais exprimé parfois que tu pensais que j'avais pris la bonne décision...

Si tu m'avais transmis que seule moi peut savoir ce qui est le meilleur pour moi...

Si tu avais fait ton travail de père, quand j'étais une petite fille...

Je ne serai pas là à lutter contre mon besoin d'approbation dans le regard de l'autre.

Je ne serai pas là, à attendre désespérément que quelqu'un me dise que je suis une fille bien.

Je ne serai pas là, à faire le deuil de t'entendre dire un jour que tu es fier de moi.

mercredi 27 juin 2007

Merci


"Pour le reste, l'idée de tout maîtriser est vraiment une idée de jeune parent. Ça s'estompe petit à petit quand tu te rends compte que tes enfants sont vraiment des personnes, qu'ils ont non seulement une personnalité mais une vie sans toi. Je pense que notre rôle de parent consiste à ce qu'ils ne souffrent pas ou alors pas trop. Etmême là, tout le monde n'est pas d'accord car finalement, tout ce que tu leur évites en les protégeant ils se le prennent dans la figure dès que ta vigilance baisse. Il vaut mieux les armer que de leur donner une armure."


Pour ces mots reçus par mail ce soir... et pour ton "tu n'y peux pas grand chose" d'hier soir, qui me trotte dans la tête depuis ce matin.... : MERCI (très) cher ami.


Merci de m'aider à lâcher...


Lâcher ma volonté de tout maîtriser, tout contrôler, la séparation, mon ex-mari, la souffrance de mes enfants...


Lâcher mes idéaux, mes fantasmes de séparation parfaite, d'enfants à qui il suffirait de tout expliquer pour éviter la souffrance.


Je lâche... donc...


Non, je ne maîtrise pas les autres, ni l'HQPMV, ni mes enfants.


Et c'est tant mieux.

dimanche 24 juin 2007

Je veux pas être méchante...



Je veux pas qu'on me crie dessus...

Je veux juste qu'on me laisse vivre ma vie, mes rêves.

Je veux juste être moi.


Matinée tristoune...

Je devais être libre, je ne le suis toujours pas...

Comment couper court à une situation engluée sans blesser personne ?

Comment continuer mon travail de réappropriation de ma vie, de respect de mes désirs, sans faire trop de dégâts...

Je sens que je vais devoir prendre position de façon drastique... et que, peut-être, peut-être cela va créer des problèmes, des conflits, des éclats de voix ?

Je n'ai pas envie d'affronter ça... Pour la première fois de ma vie, je vais au conflit à reculons.

Etre adulte ?

dimanche 17 juin 2007

Troublée...



Il existe un homme...

qui me regarde comme si j'étais une femme belle, drôle, intéressante et intelligente.

et même ... presque... comme si être en ma compagnie était agréable.

ça fait du bien, ... c'est tout.

Je reprends la plume...


suite aux demandes insistantes des unes et des autres (merci).

J'avoue que je n'acris plus par lâcheté.

J'ai tellement de mal à affronter les émotions que provoque en moi l'échec de la séparation que j'avais imaginée...

F. est resté, il a refusé de partir, au dernier moment.

Depuis, je vis dans l'angoisse. L'angoisse du faux-pas, l'angoisse de la dégradation des relations, l'angoisse de l'angoisse des enfants...

ça mène à rien tout ça, je sais, ...

Je sais que je dois attendre qu'il soit prêt. Je sais que je n'ai pas le choix, qu'il faut être forte, que je ne fais pas ça pour moi, mais pour mes enfants. On m'a tellement répété que le plus dur, pour les enfants, c'est de voir les parents s'entretuer, s'humilier, se mépriser, que je suis prête à résister à toutes les tempêtes pour ne pas qu'ils aient à vivre ça.

Les femmes sont fortes, je le sais aujourd'hui. Au début, quand on me disait "tu es forte", je disais "non, tu sais, c'est une façade, je pleure beaucoup, j'ai des moments de peur, je suis fragile".

Aujourd'hui je réponds : "oui je le sais".

Je suis forte. Forte car je pleure, au bon moment, en sachant affronter mes angoisses, les reconnaître, les accepter, les traverser, mettre en place ce qui m'aidera à passer le cap. Forte car je me sens capable d'encaisser, pour mes enfants, toutes les insultes sans sourciller, sans envenimer les choses. Je me sens capable de poser des limites, de verbaliser quelle est la frontière à ne pas dépasser, et m'y tenir, sans perdre mon calme, même si je devais hurler et mordre les coussins une fois que je suis à nouveau dans la solitude de ma chambre. Forte car je veux croire en mon histoire, croire que je peux être aimée, pour ce que je suis.

Je vais essayer de continuer à écrire... Car cette écriture m'aide à réaliser le chemin parcouru, à constater que les choses avancent, et que la sensation de léthargie que j'ai au jour le jour est une fausse impression, fort paralysante.


A moi la vie, toujours.

vendredi 18 mai 2007

Libre ?


Mon alliance me gratte depuis ce matin...

Je n'arrive pas à la garder à mon doigt, elle me piquotte, elle me gratouille, elle m'enquiquine, bref, je crois que mon annulaire me demande de passer à autre chose...

J'ai l'impression que tout se fait calmement sinon... Malgré ce que faisait penser le comportement de l'HQPMV il y a quelques jours, finalement.

Je reviendrai parler une autre fois de comment le coeur pose ses valises sans qu'on s'en rende compte à force d'avoir été trop blessé parce que là j'ai enfin arrêté de pleurer et j'ai pas envie de recommencer tout de suite.

Lundi, une nouvelle vie commence, pour nous tous.

...

La fameuse liste


Alors...

Depuis le temps que je dis que je vais dire ce qu'il me manque...

Je sais enfin (à peu près) ce que F. embarque donc...

J'ai besoin (je rachète ein s'il faut).

- D'un lit :o) hahaha trop drôle, ben ouais, l'HQPMV embarque le lit. j'ai récupéré un sommier mais il me faudrait un matelas...

- D'un ordi. Même tout vieux, tout pourri.

- D'une télé, même toute pourrite.

- D'un poste ou une chaîne hi-fi : quelqu'un à ça à revendre ? ou un bon plan ? Parce que ça ça va vraiment me manquer si je le remplace pas rapidos...

- D'un fer à repasser.

- D'un grille-pain. mais c'est vraiment du luxe...

Je crois que c'est tout ce qui "urge".


Pour le reste, ben il prend plein d'autres trucs mais je me dis que ça va faire de la place !

Maintenant qu'on a un baby-foot...

samedi 12 mai 2007

Il lui était arrivé quelque chose, et il avait tout oublié, même son nom. Il soupira et ajouta : "Je crois que je vais être triste".

Il décida de faire un concert de couchers de soleil. Il commença par un coucher de soleil tout simple...

...puis il en choisit un avec des nuages, et des visages dans les nuages...

... un autre qui était comme un soir d'hiver, avant que toutes les fenêtres s'allument...

... un qui ressemblait à une gare, dont tous les trains se so
nt perdus...

et beaucoup d'autres, doux comme des paupières qui se referment.

"C'était magnifique" dit Isaac, du haut de son arbre. "Vraiment je n'ai jamais rien vu d'aussi beau".

Claude Ponti, "Le Nakakoué".




ça me rappelle un film qu'on a tous regardé vingt fois quand on était jeunes.... "Un monde sans pitié", dans lequel Hipolyte Girardot éteint la tour eiffel en claquant des doigts.



ça me rappelle que je suis d'humeur tristoune... et nostalgique.

vendredi 11 mai 2007

jeudi 10 mai 2007

Candide...



Je suis en colère...

Comment ai-je pu être aussi naïve ? Comment ai-je pu être aussi bête.

Je suis furieuse, j'ai mal, je suis triste à crever.

L'HQPMV est à nouveau dans les insultes, dans les grossièretés, dans le non-effort. Comment gâcher un moment que nous passons ensemble ? mais... en gueulant sur moi bien entendu ! Comment donner envie de ne plus jamais lui adresser la parole ? mais en y mettant toute l'agressivité possible !

Allons-y ! Lâchons-nous !

Quel est l'enjeu finalement ?

La tranquilité de nos enfants ? Pfff, foutaises.

La sérénité dans un moment aussi compliqué qu'un divorce ? Balivernes !

Le respect mutuel ? La capacité à régler les choses tranquillement entre adultes pour ne jamais être tentés d'y mêler les enfants ? Mais... pour quoi faire ?

Et en plus, il vit chez moi.

Je n'en peux plus. Cette fois, je veux qu'il parte, qu'il disparaisse de ma vie.

Nous en sommes enfin là où j'aurais voulu ne jamais arriver. Enfin presque, je n'ai pas encore perdu le contrôle de moi-même et je ne l'ai pas encore envoyé chier. Je me suis contentée d'un "C'est important pour tout le monde que ça se passe bien, tu comprends ?" et à la deuxième salve, je me suis contentée d'un silence interdit. Pour ne pas dire des mots que je vais regretter, pour mes enfants, mes tout-petits, victimes d'un père qui ne veut pas se contrôler, qui a décidé qu'il ne voulait pas se maîtriser, qu'ils ne sont pas assez importants pour faire cet effort sur soi-même.

Je rêve d'un divorce paisible, de relations futures sereines...

Mais dans le divorce, comme dans le mariage, nous sommes deux.

mardi 8 mai 2007

Un gâteau court et dodu...


Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n'était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n'existait plus pour moi, quand un jour d'hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j'avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d'abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya
chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D'où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l'appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m'apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m'arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n'est pas en lui, mais en moi. Il l'y a éveillée, mais ne la connaît pas, et ne peut que répéter indéfiniment, avec de moins en moins de force, ce même témoignage que je ne sais pas interpréter et que je veux au moins pouvoir lui redemander et retrouver intact, à ma disposition, tout à l'heure, pour un éclaircissement décisif. Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C'est à lui de trouver la vérité. Mais comment? Grave incertitude, toutes les fois que l'esprit se sent dépassé par lui-même ; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher? pas seulement : créer. Il est en face de quelque chose qui n'est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière. Et je recommence à me demander quel pouvait être cet état inconnu, qui n'apportait aucune preuve logique, mais l'évidence de sa félicité, de sa réalité devant laquelle les autres s'évanouissaient. Je veux essayer de le faire réapparaître. Je rétrograde par la pensée au moment où je pris la première cuillerée de thé. Je retrouve le même état, sans une clarté nouvelle. Je demande à mon esprit un effort de plus, de ramener encore une fois la sensation qui s'enfuit. Et, pour que rien ne brise l'élan dont il va tâcher de la ressaisir, j'écarte tout obstacle, toute idée étrangère, j'abrite mes oreilles et mon attention contre les bruits de la chambre voisine. Mais sentant mon esprit qui se fatigue sans réussir, je le force au contraire à prendre cette distraction que je lui refusais, à penser à autre chose, à se refaire avant une tentative suprême. Puis une deuxième fois, je fais le vide devant lui, je remets en face de lui la saveur encore récente de cette première gorgée et je sens tressaillir en moi quelque chose qui se déplace, voudrait s'élever, quelque chose qu'on aurait désancré, à une grande profondeur; je ne sais ce que c'est, mais cela monte lentement ; j'éprouve la résistance et j'entends la rumeur des distances traversées. Certes, ce qui palpite ainsi au fond de moi, ce doit être l'image, le souvenir visuel, qui, lié à cette saveur, tente de la suivre jusqu'à moi. Mais il se débat trop loin, trop confusément; à peine si je perçois le reflet neutre où se confond l'insaisissable tourbillon des couleurs remuées ; mais je ne peux distinguer la forme, lui demander, comme au seul interprète possible, de me traduire le témoignage de sa contemporaine, de son inséparable compagne, la saveur, lui demander de m'apprendre de quelle circonstance particulière, de quelle époque du passé il s'agit. Arrivera-t-il jusqu'à la surface de ma claire conscience ce souvenir, l'instant ancien que l'attraction d'un instant identique est venue de si loin solliciter, émouvoir, soulever tout au fond de moi ? Je ne sais. Maintenant je ne sens plus rien, il est arrêté, redescendu peut-être ; qui sait s'il remontera jamais de sa nuit? Dix fois il me faut recommencer, me pencher vers lui. Et chaque fois la lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile, de toute oeuvre importante, m'a conseillé de laisser cela, de boire mon thé en pensant simplement à mes ennuis d'aujourd'hui, à mes désirs de demain qui se laissent remâcher sans peine. Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé, les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir. Et dès que j'eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s'appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu'on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j'avais revu jusque là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu'au soir et par tous les temps, la Place où on m'envoyait avant déjeuner, les rues où j'allais faire des courses, les chemins qu'on prenait si le temps était beau. Et comme dans ce jeu où les Japonais s'amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d'eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s'étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l'église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.

Marcel Proust, Du côté de chez Swann.



Mmmmmhhhh le goût des crevettes ravive le souvenir de mes étés d'enfant sur la plage de Cadiz, le goût du sel, le goût du sable, de l'horizon, et de mon "abuela", pas loin, ma grand-mère que j'ai aimé si fort, que j'aime.



Le souvenir est quelque chose de très important pour moi. Une des plus belles choses de la vie. Se souvenir à plusieurs : "tu te souviens quand... ?" et revivre un peu du bonheur passé. Se souvenir de son enfance, et analyser la façon dont la vie nous a été donnée à aborder, se souvenir de ses amours, de ses désirs, de ses rêves, des gens qui ont compté pour nous, de ce qu'ils ont pu nous apporter.

Quand je fais mes séances de souvenirs, j'aime rassembler ce que chaque rencontre m' appris, ce que les personnes que j'ai croisées m'ont laissé, m'ont confié.

D'ailleurs c'est une amie liseuse du blog qui m'a décompléxé de ce hobby nostalgique...

Quant à ma grand-mère, dont il me reste de si beaux souvenirs, j'aime me souvenir qui elle était. Elle parlait elle-même d'ailleurs de ce qu'il me resterait d'elle après sa mort, et me disait, quand je lui exprimais ma gratitude pour ce qu'elle faisait : "je veux que tu aies de beaux souvenirs de moi après ma mort". Ben oui, les Espagnols parlent de la mort tout le temps, ça peut sembler un peu bizarre, mais c'est très sain finalement.

La mort décuple le goût du souvenir.

Et vous, vous avez une "madeleine de Proust" ?

(le texte est très beau, vous avez eu le courage de le lire en entier ?)
(le texte de Proust bien sûr...)


J'ai une affection particulière pour ce personnage du film Amélie Poulain.

Raphaël Poulain n’aime pas : pisser à côté de quelqu’un, il n’aime pas surprendre sur ses sandales un regard de dédain, sortir de l’eau et sentir coller son maillot de bain .

Raphaël Poulain aime : arracher de grands morceaux de papier peint, aligner toutes ses chaussures et les cirer avec soin, vider sa boîte à outils, bien la nettoyer et tout ranger, enfin.


Cet homme enfermé dans ses peurs, dans son mutisme, vit une relation intime avec son nain de jardin...

Peut-être est-ce mon côté morose et grognon en cette matinée grise qui parle ?


Le coeur n'est pas à la fête.

lundi 7 mai 2007

Eternelle midinette...




Rose "La liste"

Aller à un concert Repeindre ma chambre en vert Boire de la vodka Aller chez Ikea Mettre un décolleté Louer un meublé Et puis tout massacrer Pleurer pour un rien Acheter un chien Faire semblant d'avoir mal Et mettre les voiles Fumer beaucoup trop Prendre le métro Et te prendre en photo Jeter tout par les fenêtres T'aimer de tout mon être Je ne suis bonne qu'à ça Est ce que ça te dé-çoit ? J'ai rien trouvé de mieux à faire et ça peut paraître bien ordinaire et c'est la liste des choses que je veux faire avec toi Te faire mourir de rire Aspirer tes soupirs M'enfermer tout le jour Ecrire des mots d'amour Boire mon café noir Me lever en retard Pleurer sur un trottoir Me serrer sur ton coeur Pardonner tes erreurs Jouer de la guitare Danser sur un comptoir Remplir un caddie Avoir une petite fille Et passer mon permis Jeter tout par les fenêtres T'aimer de tout mon être Je ne suis bonne qu'à ça Est ce que ça te dé-çoit ? J'ai rien trouver de mieux à faire Et ça peut paraitre bien ordinaire Et c'est la liste des choses que je veux faire avec toi Je sais je suis trop naïve De dresser la liste non exhaustive De toutes ces choses que je voudrais faire avec toi T'embrasser partout S'aimer quand on est saouls Regarder les infos Et fumer toujours trop Eveiller tes soupçons Te demander pardon Et te traiter de con Avoir un peu de spleen Ecouter Janis Joplin Te regarder dormir Me regarder guérir Faire du vélo à deux Se dire qu'on est heureux Emmerder les envieux.


Cette scène du film "Amélie Poulain" associée à la chanson de Rose me font penser à des sensations proches...

Si je ferme les yeux, je revis cette boule au ventre, les après-midi à regarder le plafond de ma chambre en repensant à un baiser échangé, en savourer le goût pendant des heures, les rencontres nocturnes dans un jardin secret, les étoiles qui brillent dans les yeux et dans le ciel, le moment où la respiration s'arrête, où l'on a l'impression d'exploser d'amour.

Les fous rires, le trop-plein d'air, le trop-plein de joie, les poumons qui éclatent, le coeur qui bat.

Comment mon coeur peut-il garder si intact ces souvenirs là ?

J'avais des ailes, je voulais traverser la terre.

J'ai aimé aimer.


jeudi 3 mai 2007

La Colère Saine...



Vous avez tous regardé le débat hier soir...

Ce matin, alors que j'animais une formation, l'une des participantes décrivait son impuissance vis à vis d'un employeur qui a des agissements proches du harcèlement moral.

- "Et quand il fait ça ça m'éneeeeeeeeerve, ça me met en colère"

Moi, mécaniquement :

- "ça vous énerve ou ça vous met en colère, c'est très différent..."

Ce n'est qu'en prononçant le dernier mot que j'ai compris que tout le monde allait penser à la même chose... Ségolène ruant dans les brancards de Nicolas, dénonçant le "summum de l'immoralité politique".

J'ai voulu rempiler sur la perte de contrôle de soi, la perte de contrôle de l'autre, mais impossible... c'était encore pire.

Le fou rire général fut intense !

Cette matinée m'a fait énormément de bien. Etre en situation de formateur, c'est une façon terrible d'évaluer ses propres compétences, d'évaluer le fruit des efforts déployés à se former soi même, à faire des recherches, à apprendre des autres, à s'enrichir d'autres compétences.

Le bilan était plutôt bon. Même en instance de divorce, il semble que je puisse apporter quelque chose aux autres, je ne suis donc pas tout à fait (encore) à mettre à la poubelle.

Réconfortant !

Sur les situations difficiles au travail, je vous recommande (si ça vous intéresse) un bouquin qui m'aide énormément dans mes formations mais aussi au sein de l'équipe avec laquelle je travaille : 100 petites expériences de psychologie en entreprise, Pour mieux se comprendre au bureau, par Lionel Dagot, aux éditions Dunod.

Précieux outil.

mardi 1 mai 2007

Parentage




Pourquoi les mères semblent-elles être souvent un peu plus parent que les pères ?

Pourquoi celui que nous appellerons l'HQPMV* semble-t-il avoir très envie de tous nous oublier, enfants compris ?

Je crois que lui aussi a envie de se sentir vivre...

Je crois que lui aussi a besoin de rattraper tout ce temps perdu à y croire sans vivre pour soi même...

Je crois qu'il a besoin de vivre sans attaches...

Ce qui est étrange, c'est que je ressens exactement la même chose, mais que les enfants sont indissociables de cette envie. Ce n'est pas une option. Je ne pourrais plus vivre "comme si". Même si j'en avais très envie.

Ils font partie de ma vie, dans mon coeur, dans mon corps.

Je voudrais qu'il sache comme je le sais, à quel point ces deux garçons ont besoin de leur père, maintenant, comme toujours, et peut-être plus que jamais.



*L'Homme Qui Partageait Ma Vie, faut suivre ! :o)


Vous avez vu ce film incroyable de Tim Burton (Big Fish) dans lequel un père et son fils se cherchent et se trouvent aux confins de l'imaginaire ?

Chanson Triste



On a tous une chanson qui nous fait pleurer quand on l'écoute...

Parce qu'elle nous rappelle des souvenirs, parce qu'elle parle à notre coeur, parce qu'elle nous rappelle une époque où on s'autorisait tous les rêves...

La mienne c'est "Pas assez de toi" de la Mano Negra, oui je sais c'est bizarre pour pleurer.




Et aussi, juste après, "Everybody Hurts" de REM :



Et vous, c'est quoi ?


(Image : Casablanca, de Michael Curtiz, 1942, A kiss is just a kiss, palam palalalam...)

lundi 30 avril 2007

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHH


ARCTIC MONKEYS

Je vais enfin les voir en concert !!!!!!!!!!!!!!!!!!

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH



dimanche 29 avril 2007

Moment au bord du canal


Samedi soir, ma soeur et moi, nous avons pris le bateau qui va d'une rive à l'autre du Canal de l'Ourcq.

ça a duré cinq minutes, mais nous nous sommes regardées avec complicité et bonheur.

Le bonheur du soir après une journée de chaleur, le bonheur de partager un moment ensemble, et le bonheur de la beauté de l'endroit, tout simplement.

Cette relation devient très jolie. Elle perd peu à peu des liens du sang pour avancer dans le respect mutuel, l'estime, la confiance.

Les liens du sang ne servent pas à grand chose à l'âge adulte. Je pense profondément que c'est à nous de créer une relation d'amitié avec nos frères et soeurs si nous voulons avoir une relation vraie.

Je ne vois pas ma soeur "parce que c'est ma soeur". Je la vois parce que je l'apprécie, parce qu'elle a une qualité d'écoute exceptionnelle, parce que sa vie de belle jeune fille me fait baver d'envie, parce qu'elle a tout devant elle, parce qu'elle me rappelle plein de choses mais qu'elle les savoure tellement mieux...

Et puis, elle a cet espèce de bonheur intelligent, celui qui doute de lui-même un peu, qui se pose des questions, qui évolue au contact des autres, qui s'enrchit, qui s'approfondit. Celui qui redoute un peu que tout ça s'arrête mais qui sait au fond qu'elle a l'énergie vitale de repartir, qu'elle y a droit, qu'elle a une place pour lui, accueillante.

Du coup j'aime la regarder d'adulte à adulte.

J'en profite tellement plus qu'en la considérant comme la "petite" soeur.

Qui est petit quand on a un esprit si beau ?

Mon maître absolu


J'aime Alfred Hitchcock.

Depuis toujours...

J'aime sa façon de représenter la femme, être torturé, tiraillé, passionné. D'en représenter les défauts, les débordements, les névroses. L'amour, aussi.

J'aime sa façon de représenter les hypocrisies de sa (notre ?) société. Les convenances, ce qu'il faut faire, ce qu'on ne doit pas. Sa façon de montrer que ces bonnes manières maltraitent le couple, bousculent l'amour.

J'aime sa façon de croire en l'intelligence du spectateur. En l'emmenant avec lui jusqu'au bout de l'angoisse et en dévoilant toutes les ficelles de l'intrigue, à la fin, en une seconde.

L’agriculture pourrait nourrir 12 milliards d’individus dans le monde. Pourtant, 842 millions de personnes souffrent de la faim sur la planète. Tout enfant qui meurt actuellement de faim est, en réalité, assassiné.


C’est le terrible constat dressé par Jean Ziegler, rapporteur auprès de l’ONU sur le droit à l’alimentation.

Difficile de voir ces images de poulets en batterie, de pains accumulés dans des décharges, de champs de serres, de paysans brésiliens morts de faim parce qu'ils nourrissent de leurs cultures notre bétail...

Nourriture jettée, brûlée.

Le film nous épargne en majeure partie les images des conséquences de notre consommation, mais la seule compréhension des mécanismes de production de notre alimentation suffit à nous faire prendre conscience... de notre égoïsme monumental.

Que dire des dernières phrases du film... Quand le président de Nestlé explique que seuls des extrêmistes peuvent penser que l'eau potable devrait etre un droit pour chaque habitant de la terre ?

A voir absolument.

La critique de RFI

mercredi 25 avril 2007

Commedia


Vous avez "un rôle" vous ?

Nous avons tous un rôle, non ?

Plus ou moins pesant, plus ou moins valorisant...

Vous savez quel est mon rôle ?



Celle qui met les
pieds dans le plat.

Je suis sûre que vous visulalisez très bien...

Ceux qui me connaissent bien sûr, ont immédiatement perçu à quoi je faisais référence. Je vous vois sourire derrière l'écran, chers gens du monde mondial. Je vous vois penser à la dernière fois où tout le monde attendait que quelqu'un DISE quelquechose... tout le monde savait que je n'allais pas pouvoir me retenir de DIRE quelque chose... et je l'ai fait. Et vous avez été soulagés, chers gens de mon monde mondial.

Vous avez eu un peu pitié pour moi, même, après. Mais quand même, je vous ai ôté une sacrée épine du pied en s'encadrant Mme Zorglub à votre place...

Ceux qui ne me connaissent pas sourient à leur tour. Vous avez reconnu votre copine de classe, votre cousine, votre tante, votre soeur... celle qui s'est engueulée avec tout le monde, au moins une fois. Mais quand même, heureusment qu'elle était là.

Ben oui, on vous a sûrement évité un ulcère... en vous soulageant de la haine qui montait contre votre prof de maths, votre grand-père, votre mère, votre voisine acariâtre.

On a une mission de service public en fait. On se prend la râclée à votre place, on est mal élevés à votre place, on supporte la mauvaise réputation à votre place...

Je vais vous annoncer quelque chose...

On pleure dans le secret de notre chambre, dans le secret de notre coeur à votre place...
On triture notre mauvaise conscience, notre culpabilité d'avoir été trop loin... à votre place.

On se regarde dans la glace, on repart la tête haute ...

à votre place.

Objet Transitionnel...

C'est très étrange...

Il y a une veste polaire rouge... une veste qu'une amie m'a prêtée... que je ne quitte plus depuis dix jours. Le temps n'est pas tout à fait à la polaire me direz-vous, mais j'en suis à souhaiter qu'il fasse froid le matin pour pouvoir la porter sans transpirer...
Et puis, la plupart du temps je ne transpire pas vraiment à vrai dire, je la mets le matin, quand il fait encore un peu frais et puis... (grande inspiration) ça y est, on y est, je la mets aussi à des moments où je me sens fragile...

Cette veste toute douce me protège, me rassure. Quand je remonte la fermeture éclair, une sensation de cocon m'environne, je me sens serrée, comme dans des bras, je me sens enfant, je me sens consolée.

Je me rends compte qu'il y a quelque chose de vraiment vertigineux dans cette séparation... dans ce qu'elle suppose de vide, d'imprévisible pour l'après, pour le maintenant. Je ne sais pas comment les choses vont évoluer... et je veux que ma vie se transforme en conscience, non au gré des vents (même si... la vie est toujours un peu faite de cette façon).

Et c'est cette conscience même des choses qui est angoissante. De la même façon que le passage à l'âge adulte quand on est adolescent comporte des aspects aussi exaltants qu'inquiétants, le passage de la vie de couple à la vie de célibataire est ambigue dans les ressentis.

J'aurais besoin de faire un petit passage rassurant chez ma maman... Ce passage n'aurait probablement pas les effets désirés, hélàs...

J'aurais besoin de mettre ma polaire et de regarder le coucher de soleil en souriant.

samedi 21 avril 2007

Les mots des amis...



Hier une amie refait allusion à une conversation que nous avons eue il y à trois jours sur le fait de "refaire sa vie" avec quelqu'un. Noyée dans mes pensées, je n'avais pas trop prêté attention au sens de ses phrases, de ses mots, j'en gardais juste un souvenir de chaleur agréable.

Une fois qu'elle est partie, la dernière bise échangée, le dernier regard chaleureux envoyé, j'ai repensé à cette discussion et au sentiment de soulagement mêlé à une certaine stimulation qui s'en dégageait.

- Tu vas te remettre en couple aussi sec toi non ?
- (Rires)
- Ben quoi ? ça va se savoir que t'es seule.
- (Re-rire.) Euh ben ouais.
- Les hommes vont accourir comme des mouches non ?
- Mais t'es folle. Je suis grosse, je suis moche, j'ai eu deux enfants...
- Tu es intelligente, tu es drôle, tu t'intéresses à plein...

Je ne l'ai pas laissée finir sa phrase et j'ai filé donner un biberon à mon minus l'air de rien en haussant les épaules. C'était assez et trop pour moi à la fois. Trop parce que je ne sais pas recevoir ce genre de choses... mais assez parce que OUI j'avais besoin qu'on me le dise, OUI ces mots m'ont fait du bien, m'ont réchauffée, m'ont fait l'effet d'une caresse de maman, de quelque chose qui console, qui adoucit le goût de la vie.

Même si mon optique est bien évidemment de profiter de ma solitude, profiter pour réaliser mes rêves, pour me retrouver, pour me ré-assurer, pour mûrir quoi... ces mots m'ont autorisée à penser qu'un jour, peut-être, si la vie est douce avec moi, j'irai me faire aimer ailleurs...

MERCI chère amie...
Tes mots ont été comme un miel précieux, dont la saveur reste sur mon coeur.

vendredi 20 avril 2007

Digression



Le saviez-vous ?

1 million de femmes s'énervent

J'aime beaucoup cette intervention de Jean-Marc Roberts, écrivain, en réponse à la question "Pour qui allez vous voter ?" :

Avant de vous répondre, je pense malgré moi à cette couverture du Nouvel Observateur, "Cent Femmes jugent Royal". J'en imagine d'autres, encore inédites. "Cent moustachus jugent Bové", "Besancenot répond à cent beaux mecs de 30 ans", "Sarkozy face à cent bébés suicidaires". (...) Et les intentions de vote des taxidermistes, des livreurs de pizza, chaque catégorie devrait mériter sa couve. Ségolène Royal a la chance de ne pas être la candidate des élites. Voilà ce que ses adversaires n'ont toujours pas mesuré. Je vote évidemment pour elle au premier et j'espère au second tour. Je vote pour elle avec ferveur et non pas contre quelqu'un d'autre.

Bon, cette dernière partie de la citation ne reflète pas tout à fait mon choix mais la première me fait réfléchir...

On va en entendre de la mysoginie de bas étage... encore longtemps je le crains...

Clouons lui le bec.