vendredi 21 septembre 2007

Vent


Quand je vois mon petit gars,
tous les matins,
fermer les yeux pour profiter du vent dans la figure...
alors que nous descendons à vélo la grande avenue,
à toute allure,
je me dis que ces enfants m'apprennent à aimer la vie,
les petites choses,
les sensations comme des cadeaux.

samedi 15 septembre 2007

Traîtres...



Il y a des hommes... qui sont en permanence absents de toute relation avec une femme, même la leur.
L'exemple le plus frappant de ce type d'hommes est Paul Newman.
Vous avez remarqué ?



Là où la femme semble essayer de happer son regard, son attention, de toucher son âme un tout petit peu quoi... il se dérobe. D'une façon à peine perceptible, il se préserve de l'entrée en relation, il reste un tout petit pas à côté du couple, il protège un espace où il est seul, et apte à s'enfuir dès que la situation se compliquerait.


Ce genre d'homme m'agace au plus haut point, je les flaire à des kilomètres... tous mes voyants "attention souffrance à l'horizon" s'allument immédiatement.
Je hais cette façon de provoquer des sentiments en tirant sur la corde "adopte-moi". J'ai l'impression que ces hommes naviguent entre la recherche d'une maman déguisée en maîtresse et le souhait qu'une femme fatale leur fasse mal, pour pouvoir mieux nous détester.


Alors, évidemment, quand j'avais 18 ans ça me faisait littéralement fondre, puis souffrir.
Aujourd'hui ça m'amuse terriblement.
J'avoue éprouver un mépris amusé, mon visage se recouvre d'un sourire en coin cynique, quand j'en croise un quelque part et que je le regarde faire son numéro de "cocker à apprivoiser" en attendant de pouvoir vous croquer le coeur et partir avec, l'air de rien, en vous laissant toute sanguinolante... C'est le moment où il part en chantant "i'm a poor lonesome..."



En plus, Paul Newman a le don de vous regarder comme s'il avait bien compris que vous avez un bout de salade coincé entre les dents et que seuls vous deux êtes au courant de ce terrible secret.




Vous voyez ce que je veux dire ?




Je suis sûre que vous voyez très bien ce dont je veux parler.

En fait, il sait juste que vous avez compris qu'il était très beau, et que vous vous apprêtez à tomber dans ses filets...

No, thanks...

Petite vengeance personnelle :



(Paul Newman pour la postérité)

vendredi 14 septembre 2007

Trenet


Philosophes écoutez cette phrase est pour vous
Le bonheur est un astre volage
Qui s'enfuit à l'appel de bien des rendez-vous
Il s'efface il se meurt devant nous
Quand on croit qu'il est loin il est là tout près de vous
Il voyage il voyage il voyage
Puis il part il revient il s'en va n'importe où
Cherchez-le il est un peu partout...


Charles Trenet, Le Soleil et la Lune, 1939

Grandiose

J'adore écouter ce morceau et danser comme une folle... en secouant mes cheveux dans tous les sens.



un autre pour la route ( qui me fait vraiment aimer la vie ) :

lundi 10 septembre 2007

Reprise



(Hi Ho en brésilien histoire de se remonter le moral).


J'ai repris le boulot aujourd'hui après des énooooooormes vacances bien méritées...

Ben j'avoue que ça m'a fait bizarre.

Je me pose des questions dans ce domaine là aussi : vais-je pouvoir tenter ma chance et réaliser mes rêves ?

Y en a des choses à rêver, à reprendre...

Pas à pas !

Je rajoute un bonus (...de circonstance :o)En Italien, c'est un délice...

jeudi 6 septembre 2007

Mon frère...


Toute ma famille s'invite dans ce blog ! :o)

J'ai adoré ce que m'écrit mon frère (morceaux choisis) :

Par où commencer… sûrement en te disant que la lecture de ton blog m’a pas mal bousculé. J’ai commencé à lire les premières notes puis j’ai fini par tout lire. J’ai d’abord été complètement pris dans tes notes, la manière dont tu poses les choses, cette écriture si spontanée, si belle et si juste. Puis au fil de ma lecture, en lisant les textes que tu introduis, les références à des films, des bouquins, en écoutant les sons… bref en rentrant dans ton univers… j’ai eu l’impression de te redécouvrir. C’est comme si je remontais un chemin qui me conduisais dans le passé, à une certaine époque... l’époque où je disais à tout ceux qui voulaient l’entendre que ma sœur était à la Sorbonne, qu’elle étudiait l’Histoire de l’Art, cette époque où tu m’as fais écouter Ugly kid joe et où j’ai finis par faire coudre des trucs Def Lepard sur ma veste en jean, cette époque où je me suis mis a lire (et à aimer ça) après avoir vu tes carnets remplis des noms de bouquin que tu avais déjà lu, cette époque où tu me gérais quand je rentrais un peu fait après mes premières soirées d’ados… bref cette époque où tu m’as beaucoup influencé et accompagné.

Ta manière d’exprimer les choses me ramenait sans cesse cette image de toi que j’ai gardé dans un coin de ma tête mais qui m’a aussi fait penser à quel point je ne te connaissais plus.

Les chemins de la vie ont fait que tous ces éléments qui influençaient ce que tu étais à mes yeux se sont dilués dans une relation plus distante, pleine d’affection mais où d’autres éléments avaient changé notre mode relationnel. Il était difficile pour moi d’appréhender entièrement ce que tu étais non seulement du fait de la distance, du peu de fois que l’on se voyait mais également parce que je ne percevais plus chez toi ces traits de caractère, ces goûts qui te définissaient.


Pour ce qui est de nous, je pense que désormais les choses se feront ou ne se feront pas, assez naturellement. Peut être qu’il faut que l’on réussisse ce que tu as réussi avec A. et que tu décris si joliment. Ne pas se voir parce que l’on est frère et sœur mais parce que l’on s’apprécie.

Merci à travers de ce blog de m’avoir ouvert cette petite porte, entretiens la bien, je suis convaincu qu’elle ouvre sur un monde fait de possibles.


J'ai l'impression que cette lettre éveille en moi une chose : j'ai vécu dans une bulle pendant dix ans... Une bulle relationnelle où je ne pouvais pas m'exprimer comme je le voulais vraiment... où la routine de la relation amoureuse endort la soif de culture, d'échanges, de maturité émotionnelle que l'on a avant la rencontre.

Il est étrange de constater que le couple qui aurait dû me faire grandir, m'amener plus loin, m'a en fait "mise en suspens". Je suis de plus en plus convaincue que mon manque de confiance en moi, mon manque d'assurance, m'ont fait faire un mauvais choix. J'ai épousé le premier qui a bien voulu me passer la bague au doigt... tout simplement parce que j'avais si peur que personne ne veuille jamais de moi.

J'ai dû apprendre à me connaître et m'estimer sur un chemin difficile... avec la rupture et la déchirure comme porte de sortie. Mais je crois que le résultat sera bon. La vie a plus de goût aujourd'hui, c'est certain...

Quel bonheur du coup de lire qu'après ces années si douloureuses les gens qui m'aiment me retrouvent telle que j'étais !

Je suis vivante.

Je suis libre.

Et j'ai bien l'intention d'en faire quelquechose de beau.

dimanche 2 septembre 2007

Un truc qui me vexe...

c'est le nombre de gens qui prennent la défense de l'HQPMV sans connaître notre histoire...

et qui me disent que je pourrais faire un effort "pour les enfants"...

et que je ne peux pas tout détruire sur un coup de tête...









Il se trouve que je n'ai pas envie d'expliquer pourquoi je quitte cet homme...

je n'ai pas envie que l'image que d'autres ont de lui soit altérée par des choses que nous avons vécues et qui ne regardent que nous...

quant aux enfants... que répondre ?

ça me déchire le coeur quand je pense que mes enfants ne vont pas bénéficier d'un père et d'une mère vivant ensemble, présents en permanence.

mais la paix... dans la vie, c'est important de vivre en paix...

non ?


parfois j'ai l'impression de réveiller des questions qui ne veulent pas être posées...

parfois j'ai l'impression qu'on me parle pour se convaincre soi même.

jeudi 30 août 2007

alors celle-là elle me fait trop marrer

(le titre du livre est "comment j'ai sauvé mon couple")

tirée de "Temps de Canard" de Tom Tirabosco.




(oui, je sais, je suis complètement frappadingue de bd et il serait temps de passer à autre chose... ou pas ? :o)

Souvenirs de femme

Rachida Brakni et Fettouma Bouamari dans Barakat, de Djamila Sahraoui




Il y a quelques jours, un après-midi, une amie me raconte...

vapeurs de thé, souvenirs d'algérie, pâtisseries au miel, une discussion de coeur de femme à coeur de femme...

L'homme que j'ai aimé... a demandé ma main. C'était le voisin, mais ma mère n'a pas voulu. Il était si beau tu sais, on s'aimait, ah oui on s'aimait... Ma mère n'aimait pas la voisine, et mon père n'a pas voulu de problèmes. Ils m'ont présenté le fils d'un ami de mon père, mes parents m'ont expliqué qu'ils lui avaient donné leur parole... Alors je me suis mariée... "de raison" comme on dit.

Un jour il s'est mis à gagner au jeu... (silence)




... puis à boire...


Il ne pouvait plus travailler, je travaillais seule, je m'occupais des 5 enfants, et tout l'argent partait dans la boisson, on avait des dettes partout. Il sortait le soir, je vivais le jour.

Un jour, j'ai demandé le divorce, même si je savais que j'allais tout perdre. Là-bas, tu sais, quand on divorce on perd tout ! Mais, je suis partie quand même avec les enfants, je savais qu'il n'aurait pas le courage de les réclamer, j'ai perdu le reste, mais le reste...

Pourtant... quand je suis venue en France, j'ai accepté la proposition de mon frère, de me marier avec son voisin de chambre à l'hôtel. Tu sais... on ne peut pas dire non à nos hommes. On ne peut pas dire non.

Je travaillais, je me souviens que la première paye que j'ai gagnée en faisant des ménages, je ne l'ai même pas vue ! il m'a pris l'enveloppe des mains... Je ne l'avais même pas encore ouverte pour savoir combien il y avait... et ça a continué comme ça. Un jour, je lui ai dit que j'étais enceinte... il est parti. Maintenant j'ai ce petit garçon de deux ans, alors que mes enfants sont grands, je suis fatiguée... je suis fatiguée et je n'ai pas pu dire non aux hommes...

Et sais-tu : cet homme que j'ai aimé ? Il s'est marié seulement quand je me suis mariée la deuxième fois ! Il vit en Italie... Il n'a pas d'enfants. Chaque fois que je rentrais là-bas, sa mère me disait : "comme j'aimerais que tu sois ma belle-fille ! ..."

Je n'ai pas su dire non, mais je ne pouvais pas, je t'assure.

Pourtant, j'aime être seule maintenant, plutôt qu'avec ces hommes fainéants...

L'homme que j'ai aimé vraiment, c'était le voisin.


Tout commentaire serait superflu.

Merci chère amie, le message est passé, je t'assure.

Pas grand chose à voir... puisque ce genre d'attitude est transculturel on le sait bien, mais quand même, c'est en le regardant que j'ai eu envie de raconter cette discussion : ce documentaire sur arte qui sera rediffusé le 29.08.2007 à 15h30 et le 01.09.2007 à 06h00 : http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/Non-a-l-islamisme/A-l-antenne/1664988.html


Romain Duris et Lubna Azabal, Exils, de Tony Gatlif

jeudi 23 août 2007

Que sait-on...?

Je suis né le 30 juillet 1945, à Boulogne-Billancourt, 11 allée Marguerite, d'un juif et d'une Flamande qui s'étaient connus à Paris sous l'Occupation. J'écris juif, en ignorant ce que le mot signifiait vraiment pour mon père et parce qu'il était mentionné, à l'époque, sur les cartes d'identité. Les périodes de haute turbulence provoquent souvent des rencontres hasardeuses, si bien que je ne me suis jamais senti un fils légitime et encore moins un héritier. Ma mère est née en 1918 à Anvers. Elle a passé son enfance dans un faubourg de cette ville, entre Kiel et Hoboken. Son père était ouvrier puis aide-géomètre. Son grand-père maternel, Louis Bogaerts, docker. Il avait posé pour la statue du docker, faite par Constantin Meunier et que l'on voit devant l'hôtel de ville d'Anvers. J'ai gardé son loonboek de l'année 1913, où il notait tous les navires qu'il déchargeait : le Michigan, l'Élisabethville, le Santa Anna... Il est mort au travail, vers soixante-cinq ans, en faisant une chute. Adolescente, ma mère est inscrite aux Faucons Rouges. Elle travaille à la Compagnie du gaz. Le soir, elle suit des cours d'art dramatique. En 1938, elle est recrutée par le cinéaste et producteur Jan Vanderheyden pour tourner dans ses « comédies » flamandes. Quatre films de 1938 à 1941. Elle a été girl dans des revues de music-hall à Anvers et à Bruxelles, et parmi les danseuses et les artistes, il y avait beaucoup de réfugiés qui venaient d'Allemagne. À Anvers, elle partage une petite maison sur Horenstraat avec deux amis : un danseur, Joppie Van Allen, et Leon Lemmens, plus ou moins secrétaire et rabatteur d'un riche homosexuel, le baron Jean L., et qui sera tué dans un bombardement à Ostende, en mai 1940. Elle a pour meilleur ami un jeune décorateur, Lon Landau, qu'elle retrouvera à Bruxelles en 1942 portant l'étoile jaune. Je tente, à défaut d'autres repères, de suivre l'ordre chronologique. En 1940, après l'occupation de la Belgique, elle vit à Bruxelles. Elle est fiancée avec un nommé Georges Niels qui dirige à vingt ans un hôtel, le Canterbury. Le restaurant de cet hôtel est en partie réquisitionné par les officiers de la Propaganda-Staffel. Ma mère habite le Canterbury et y rencontre des gens divers. Je ne sais rien de tous ces gens. Elle travaille à la radio dans les émissions flamandes. Elle est engagée au théâtre de Gand. Elle participe, en juin 1941, à une tournée dans les ports de l'Atlantique et de la Manche pour jouer devant les travailleurs flamands de l'organisation Todt et, plus au nord, à Hazebrouck, devant les aviateurs allemands. C'était une jolie fille au cœur sec. Son fiancé lui avait offert un chow-chow mais elle ne s'occupait pas de lui et le confiait à différentes personnes, comme elle le fera plus tard avec moi. Le chow-chow s'était suicidé en se jetant par la fenêtre. Ce chien figure sur deux ou trois photos et je dois avouer qu'il me touche infiniment et que je me sens très proche de lui. Les parents de Georges Niels, de riches hôteliers bruxellois, ne veulent pas qu'elle épouse leur fils. Elle décide de quitter la Belgique. Les Allemands ont l'intention de l'expédier dans une école de cinéma à Berlin mais un jeune officier de la Propaganda-Staffel qu'elle a connu à l'hôtel Canterbury la tire de ce mauvais pas en l'envoyant à Paris, à la maison de production Continental, dirigée par Alfred Greven. Elle arrive à Paris en juin 1942. Greven lui fait passer un bout d'essai aux studios de Billancourt mais ce n'est pas concluant. Elle travaille au service du « doublage » à la Continental, écrivant les sous-titres néerlandais pour les films français produits par cette compagnie. Elle est l'amie d'Aurel Bischoff, l'un des adjoints de Greven. À Paris, elle habite une chambre, 15 quai de Conti, dans l'appartement que louent un antiquaire de Bruxelles et son ami Jean de B. que j'imagine adolescent, avec une mère et des sœurs dans un château au fond du Poitou, écrivant en secret des lettres ferventes à Cocteau. Par l'entremise de Jean de B., ma mère rencontre un jeune Allemand, Klaus Valentiner, planqué dans un service administratif. Il habite un atelier du quai Voltaire et lit, à ses heures de loisir, les derniers romans d'Evelyn Waugh. Il sera envoyé sur le front russe où il mourra. D'autres visiteurs de l'appartement du quai de Conti : un jeune Russe, Georges d'Ismaïloff, qui était tuberculeux mais sortait toujours sans manteau dans les hivers glacés de l'Occupation. Un Grec, Christos Bellos. Il avait manqué le dernier paquebot en partance pour l'Amérique où il devait rejoindre un ami. Une fille du même âge, Geneviève Vaudoyer. D'eux, il ne reste que les noms. La première famille française et bourgeoise chez laquelle ma mère sera invitée : la famille de Geneviève Vaudoyer et de son père Jean-Louis Vaudoyer. Geneviève Vaudoyer présente à ma mère Arletty qui habite quai de Conti dans la maison voisine du 15. Arletty prend ma mère sous sa protection. Que l'on me pardonne tous ces noms et d'autres qui suivront. Je suis un chien qui fait semblant d'avoir un pedigree. Ma mère et mon père ne se rattachent à aucun milieu bien défini. Si ballottés, si incertains que je dois bien m'efforcer de trouver quelques empreintes et quelques balises dans ce sable mouvant comme on s'efforce de remplir avec des lettres à moitié effacées une fiche d'état civil ou un questionnaire administratif.

Patrick Modiano, "Un Pedigree", Gallimard, 2005.



Que sait-on des rêves et des amours de nos parents ?

Je viens d'une famille où l'on ne raconte rien d'intime, rien de personnel, et surtout pas les erreurs de jeunesse, les passions, les amours, les égarements. Les parents doivent être des modèles pour leurs enfants et, comme les deux postures ne sont absolument pas comparables, on ne peut pas raconter...

Je suis pourtant née d'un égarement...

De cet égarement est né à son tour un amour très fort, très profond, qui les unit encore aujourd'hui. Je suis fermement persuadée que dans leur vie à chacun, il y a la recherche du bonheur de l'autre. Quand je regarde les couples qui ont "bien vieilli", qui sont encore heureux, je trouve toujours cet ingrédient essentiel : la volonté farouche de rendre la vie de l'autre jolie. J'ai l'intuition que le secret de la lutte contre la routine se trouve là.

Mais j'en reparlerai plus tard... je reviens à mon mouton (shaun the sheep ?).

Je ne vois donc pas du tout le mal qu'il y aurait à se raconter, à partager les espoirs, les doutes, les erreurs, les rêves de sa vie de jeune homme, de jeune femme. J'aimerais tellement savoir comment ma mère voyait l'amour à 17 ans, comment elle s'est construite, pourquoi elle a été blessée, grâce à quels rêves elle s'est relevée...

J'aurais aimé que mon père m'explique pourquoi les hommes aiment les femmes, comment ils choisissent celle avec laquelle ils vont cheminer, ce qui compte pour eux, ce qui les rend heureux.

Je n'ai reçu aucune "éducation" dans ce domaine. Je me construis seule... et ça me manque tellement...




(J'aime à la folie les photos du couple Marilyn Monroe et Arthur Miller. Leur relation est complètement destabilisée, passionnée, fragile et cette pointe de souffrance qui se décèle au loin chez chacun des deux... chacun fragile à sa façon).

mercredi 22 août 2007

C'est bien la première fois...

... que je fais de la pub pour TF1.



Mais c'est trop bon :o)

Hahem...

Regard

J'aime le travail de cette femme :


© Sonia Bressler

http://rebelle.blogspirit.com/

Son regard est complètement décalé !

J'aime les détails qu'elle choisit de mettre en valeur, la façon dont ses cadrages transforment les choses, les gens, les paysages.

Je vous laisse regarder les photos des enfants prises au Kosovo : on sent la chaleur de son regard, le sourire qu'elle fait en les voyant faire les clowns devant l'objectif. Les femmes d'Istanbul, elles, sont photographiées pudiquement, d'un regard plein de douceur, si respectueux.

Avez-vous remarqué à quel point la photographie parle de ce que ressent le photographe, de ce qu'il vit ? Les cadrages parlent des obsessions du moment, des préoccupations, de la façont dont celui qui tient l'appareil voit le monde.

Et, en plus, comme moi, elle aime les nuages...

© Sonia Bressler

mardi 21 août 2007

Désobéissance

Photo : Reuters

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

tiré de la constitution « montagnarde » de 1793, Article 35.

L’appel des Résistants

14 Mars 2004 - Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et transmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.

Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

- Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l’éducation pour tous, presse délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc.

Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ?

Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

- Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

- Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection :
Créer, c’est résister.
Résister, c’est créer.

Signé : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.


Il est des textes qui font du bien...

Comment faire coïncider cette nécessité de désobéissance, de résistance, même non violente, avec l'éducation de nos enfants, l'apprentissage des limites, des règles de la société ?

En voilà un défi intéressant à relever !!!!!

Qui a dit qu'élever un enfant était ennuyeux ?

http://www.desobeir.net/

lundi 20 août 2007

La nuit des Tournesols


"La nuit des Tournesols" est un film espagnol de Jorge Sánchez-Cabezudo... Il analyse le viol d'une femme et le meurtre d'un paysan qui ont lieu la même nuit, selon 5 points de vue de personnages différents. L'action a pourtant lieu de façon chronologique, on ne voit jamais une scène deux fois.

C'est simple, mes poils se sont dressés sur tout mon corps dès les premières secondes, et 24 heures après je n'ai pas encore réussi à les recoiffer...


Il fait réfléchir sur la notion de justice : pourquoi rendre justice, pour qui ? le criminel ? la victime ? la société ?

Mes lecteurs juristes devraient courir le voir si jamais ils étaient en quête de motivation et de sens pour leur travail...


Je me dis qu'il faudrait le montrer à toutes les jeunes filles violées qui hésitent encore à porter plainte, de peur de "réveiller le monstre qui dort"... en fait, le monstre ne dort jamais vraiment pour tout le monde. mais je sais bien que ce n'est pas si simple...

Stéphane Audeguy, La théorie des Nuages


Franchement ce livre est une pure merveille.

Il parle d'amour, de mélancolie, de passion pour la nature, tout ce que je suis en ce moment quoi. Le tout sans aucune longueur... La langue est vraiment époustoufflante de beauté.

Pile poil ce qu'il me fallait pour les vacances, je le prête à qui veut !

Retour...



Coucou, chers tous de l'internet mondial,

aujourd'hui trois messages pour le prix d'un, ils étaient restés coincés dans mes brouillons...

je suis de retour de vacances... de retour d'une sacrée épreuve, traversée sans sourciller, hem... ou presque.

j'avoue que je n'avais pas anticipé qu'être sur la plage seule avec deux enfants dans cette contrée peuplée d'êtres préhistoriques et de femmes recroquevillées qu'est l'Andalousie serait un tantinet compliqué...

chères Andalouses, je vous aime, je vous adore mais... je vous en supplie... libérez-vous !!!!!! Heureusement que j'en ai rencontré une ou deux qui m'ont permis de m'assurer que le genre s'éveille un peu...

j'ai pu constater un mélange d'envie et de colère dans vos questions... seule ? sans mari ? avec tes enfants ? à la plage ? trois semaines ? et... ça va ?

ben oui ça va. curieusement ça va même pas mal du tout...



J'ai l'impression de revivre... même quand c'est dur, même quand je rêve d'amour, même quand je me sens seule, rien n'est comparable à la souffrance d'être accompagnée par quelqu'un qui ne nous aime plus, que l'on n'aime plus, et avec qui on se force à cheminer, pour ne pas bousculer, sans écouter la violence qu'on se fait à soi même sans bruit...

Et maintenant j'ai un secret à dire à certains d'entre vous : vous les couples que j'ai vus se promener au bord de la plage, le soir, regarder le coucher de soleil, regarder le soleil dans le regard de l'autre, respirer le bonheur d'être ensemble, d'échanger des gestes tendres, de passer du temps à rendre la vie de l'autre jolie... Je vous ai d'abord détestés, vous m'avez fait pleurer, regretter... et, finalement, j'ai trouvé tant de plaisir malgré moi à vous observer... vous êtes beaux et importants pour moi. Il est difficile de décrire pourquoi, mais, plus je vous regarde et plus je me réconcilie avec la vie...

Vraiment, l'amour rend la vie digne d'être vécue.

samedi 7 juillet 2007

vendredi 29 juin 2007

you're the one I want

John Travolta, vous êtes une grosse pourriture.



Vous passez tout le film à avoir honte de cette petite fille modèle que vous avez sautée sur une plage face au soleil couchant un soir d'été juste avant la rentrée tout ça... (houlala c'est sucré à gerber...)

Et vous assumez enfin pleinement votre amour quand elle s'habille enfin comme une grosse pouffe !




Non, mais on croit rêver...



Et dire que ça a bercé mon adolescence tout ça... (et celle de certains autres...)

Mais qu'est-ce qu'on nous a servi comme histoires d'amour de merde !!!!

Je veux de l'amour ! DU VRAI !

Vieille rengaine...



Mon père me dit toujours ...

que je n'ai pas à tenir compte de son opinion.

que je n'ai pas à essayer de lui plaire, à essayer de faire selon ce qu'il voudrait.

que je n'ai pas à attendre son approbation.

que je dois accepter que souvent, il n'est pas d'accord avec moi, et que ça ne devrait pas me perturber.

que c'est ça grandir, accepter que ses propres parents n'approuvent pas, n'auraient pas fait comme ça, sont en désaccord profond... et passer son chemin.

Sauf que ça fait 30 ans qu'il me tient le même discours...

Si tu m'avais permis d'avoir conscience de ma valeur...

Si tu m'avais regardé avec admiration quand j'ai su faire du vélo la première fois...

Si tu m'avais encouragé dans mes choix d'adolescente...

Si tu m'avais exprimé parfois que tu pensais que j'avais pris la bonne décision...

Si tu m'avais transmis que seule moi peut savoir ce qui est le meilleur pour moi...

Si tu avais fait ton travail de père, quand j'étais une petite fille...

Je ne serai pas là à lutter contre mon besoin d'approbation dans le regard de l'autre.

Je ne serai pas là, à attendre désespérément que quelqu'un me dise que je suis une fille bien.

Je ne serai pas là, à faire le deuil de t'entendre dire un jour que tu es fier de moi.

mercredi 27 juin 2007

Merci


"Pour le reste, l'idée de tout maîtriser est vraiment une idée de jeune parent. Ça s'estompe petit à petit quand tu te rends compte que tes enfants sont vraiment des personnes, qu'ils ont non seulement une personnalité mais une vie sans toi. Je pense que notre rôle de parent consiste à ce qu'ils ne souffrent pas ou alors pas trop. Etmême là, tout le monde n'est pas d'accord car finalement, tout ce que tu leur évites en les protégeant ils se le prennent dans la figure dès que ta vigilance baisse. Il vaut mieux les armer que de leur donner une armure."


Pour ces mots reçus par mail ce soir... et pour ton "tu n'y peux pas grand chose" d'hier soir, qui me trotte dans la tête depuis ce matin.... : MERCI (très) cher ami.


Merci de m'aider à lâcher...


Lâcher ma volonté de tout maîtriser, tout contrôler, la séparation, mon ex-mari, la souffrance de mes enfants...


Lâcher mes idéaux, mes fantasmes de séparation parfaite, d'enfants à qui il suffirait de tout expliquer pour éviter la souffrance.


Je lâche... donc...


Non, je ne maîtrise pas les autres, ni l'HQPMV, ni mes enfants.


Et c'est tant mieux.

dimanche 24 juin 2007

Je veux pas être méchante...



Je veux pas qu'on me crie dessus...

Je veux juste qu'on me laisse vivre ma vie, mes rêves.

Je veux juste être moi.


Matinée tristoune...

Je devais être libre, je ne le suis toujours pas...

Comment couper court à une situation engluée sans blesser personne ?

Comment continuer mon travail de réappropriation de ma vie, de respect de mes désirs, sans faire trop de dégâts...

Je sens que je vais devoir prendre position de façon drastique... et que, peut-être, peut-être cela va créer des problèmes, des conflits, des éclats de voix ?

Je n'ai pas envie d'affronter ça... Pour la première fois de ma vie, je vais au conflit à reculons.

Etre adulte ?

dimanche 17 juin 2007

Troublée...



Il existe un homme...

qui me regarde comme si j'étais une femme belle, drôle, intéressante et intelligente.

et même ... presque... comme si être en ma compagnie était agréable.

ça fait du bien, ... c'est tout.

Je reprends la plume...


suite aux demandes insistantes des unes et des autres (merci).

J'avoue que je n'acris plus par lâcheté.

J'ai tellement de mal à affronter les émotions que provoque en moi l'échec de la séparation que j'avais imaginée...

F. est resté, il a refusé de partir, au dernier moment.

Depuis, je vis dans l'angoisse. L'angoisse du faux-pas, l'angoisse de la dégradation des relations, l'angoisse de l'angoisse des enfants...

ça mène à rien tout ça, je sais, ...

Je sais que je dois attendre qu'il soit prêt. Je sais que je n'ai pas le choix, qu'il faut être forte, que je ne fais pas ça pour moi, mais pour mes enfants. On m'a tellement répété que le plus dur, pour les enfants, c'est de voir les parents s'entretuer, s'humilier, se mépriser, que je suis prête à résister à toutes les tempêtes pour ne pas qu'ils aient à vivre ça.

Les femmes sont fortes, je le sais aujourd'hui. Au début, quand on me disait "tu es forte", je disais "non, tu sais, c'est une façade, je pleure beaucoup, j'ai des moments de peur, je suis fragile".

Aujourd'hui je réponds : "oui je le sais".

Je suis forte. Forte car je pleure, au bon moment, en sachant affronter mes angoisses, les reconnaître, les accepter, les traverser, mettre en place ce qui m'aidera à passer le cap. Forte car je me sens capable d'encaisser, pour mes enfants, toutes les insultes sans sourciller, sans envenimer les choses. Je me sens capable de poser des limites, de verbaliser quelle est la frontière à ne pas dépasser, et m'y tenir, sans perdre mon calme, même si je devais hurler et mordre les coussins une fois que je suis à nouveau dans la solitude de ma chambre. Forte car je veux croire en mon histoire, croire que je peux être aimée, pour ce que je suis.

Je vais essayer de continuer à écrire... Car cette écriture m'aide à réaliser le chemin parcouru, à constater que les choses avancent, et que la sensation de léthargie que j'ai au jour le jour est une fausse impression, fort paralysante.


A moi la vie, toujours.

vendredi 18 mai 2007

Libre ?


Mon alliance me gratte depuis ce matin...

Je n'arrive pas à la garder à mon doigt, elle me piquotte, elle me gratouille, elle m'enquiquine, bref, je crois que mon annulaire me demande de passer à autre chose...

J'ai l'impression que tout se fait calmement sinon... Malgré ce que faisait penser le comportement de l'HQPMV il y a quelques jours, finalement.

Je reviendrai parler une autre fois de comment le coeur pose ses valises sans qu'on s'en rende compte à force d'avoir été trop blessé parce que là j'ai enfin arrêté de pleurer et j'ai pas envie de recommencer tout de suite.

Lundi, une nouvelle vie commence, pour nous tous.

...

La fameuse liste


Alors...

Depuis le temps que je dis que je vais dire ce qu'il me manque...

Je sais enfin (à peu près) ce que F. embarque donc...

J'ai besoin (je rachète ein s'il faut).

- D'un lit :o) hahaha trop drôle, ben ouais, l'HQPMV embarque le lit. j'ai récupéré un sommier mais il me faudrait un matelas...

- D'un ordi. Même tout vieux, tout pourri.

- D'une télé, même toute pourrite.

- D'un poste ou une chaîne hi-fi : quelqu'un à ça à revendre ? ou un bon plan ? Parce que ça ça va vraiment me manquer si je le remplace pas rapidos...

- D'un fer à repasser.

- D'un grille-pain. mais c'est vraiment du luxe...

Je crois que c'est tout ce qui "urge".


Pour le reste, ben il prend plein d'autres trucs mais je me dis que ça va faire de la place !

Maintenant qu'on a un baby-foot...

samedi 12 mai 2007

Il lui était arrivé quelque chose, et il avait tout oublié, même son nom. Il soupira et ajouta : "Je crois que je vais être triste".

Il décida de faire un concert de couchers de soleil. Il commença par un coucher de soleil tout simple...

...puis il en choisit un avec des nuages, et des visages dans les nuages...

... un autre qui était comme un soir d'hiver, avant que toutes les fenêtres s'allument...

... un qui ressemblait à une gare, dont tous les trains se so
nt perdus...

et beaucoup d'autres, doux comme des paupières qui se referment.

"C'était magnifique" dit Isaac, du haut de son arbre. "Vraiment je n'ai jamais rien vu d'aussi beau".

Claude Ponti, "Le Nakakoué".




ça me rappelle un film qu'on a tous regardé vingt fois quand on était jeunes.... "Un monde sans pitié", dans lequel Hipolyte Girardot éteint la tour eiffel en claquant des doigts.



ça me rappelle que je suis d'humeur tristoune... et nostalgique.

vendredi 11 mai 2007

jeudi 10 mai 2007

Candide...



Je suis en colère...

Comment ai-je pu être aussi naïve ? Comment ai-je pu être aussi bête.

Je suis furieuse, j'ai mal, je suis triste à crever.

L'HQPMV est à nouveau dans les insultes, dans les grossièretés, dans le non-effort. Comment gâcher un moment que nous passons ensemble ? mais... en gueulant sur moi bien entendu ! Comment donner envie de ne plus jamais lui adresser la parole ? mais en y mettant toute l'agressivité possible !

Allons-y ! Lâchons-nous !

Quel est l'enjeu finalement ?

La tranquilité de nos enfants ? Pfff, foutaises.

La sérénité dans un moment aussi compliqué qu'un divorce ? Balivernes !

Le respect mutuel ? La capacité à régler les choses tranquillement entre adultes pour ne jamais être tentés d'y mêler les enfants ? Mais... pour quoi faire ?

Et en plus, il vit chez moi.

Je n'en peux plus. Cette fois, je veux qu'il parte, qu'il disparaisse de ma vie.

Nous en sommes enfin là où j'aurais voulu ne jamais arriver. Enfin presque, je n'ai pas encore perdu le contrôle de moi-même et je ne l'ai pas encore envoyé chier. Je me suis contentée d'un "C'est important pour tout le monde que ça se passe bien, tu comprends ?" et à la deuxième salve, je me suis contentée d'un silence interdit. Pour ne pas dire des mots que je vais regretter, pour mes enfants, mes tout-petits, victimes d'un père qui ne veut pas se contrôler, qui a décidé qu'il ne voulait pas se maîtriser, qu'ils ne sont pas assez importants pour faire cet effort sur soi-même.

Je rêve d'un divorce paisible, de relations futures sereines...

Mais dans le divorce, comme dans le mariage, nous sommes deux.

mardi 8 mai 2007

Un gâteau court et dodu...


Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n'était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n'existait plus pour moi, quand un jour d'hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j'avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d'abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya
chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D'où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l'appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m'apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m'arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n'est pas en lui, mais en moi. Il l'y a éveillée, mais ne la connaît pas, et ne peut que répéter indéfiniment, avec de moins en moins de force, ce même témoignage que je ne sais pas interpréter et que je veux au moins pouvoir lui redemander et retrouver intact, à ma disposition, tout à l'heure, pour un éclaircissement décisif. Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C'est à lui de trouver la vérité. Mais comment? Grave incertitude, toutes les fois que l'esprit se sent dépassé par lui-même ; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher? pas seulement : créer. Il est en face de quelque chose qui n'est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière. Et je recommence à me demander quel pouvait être cet état inconnu, qui n'apportait aucune preuve logique, mais l'évidence de sa félicité, de sa réalité devant laquelle les autres s'évanouissaient. Je veux essayer de le faire réapparaître. Je rétrograde par la pensée au moment où je pris la première cuillerée de thé. Je retrouve le même état, sans une clarté nouvelle. Je demande à mon esprit un effort de plus, de ramener encore une fois la sensation qui s'enfuit. Et, pour que rien ne brise l'élan dont il va tâcher de la ressaisir, j'écarte tout obstacle, toute idée étrangère, j'abrite mes oreilles et mon attention contre les bruits de la chambre voisine. Mais sentant mon esprit qui se fatigue sans réussir, je le force au contraire à prendre cette distraction que je lui refusais, à penser à autre chose, à se refaire avant une tentative suprême. Puis une deuxième fois, je fais le vide devant lui, je remets en face de lui la saveur encore récente de cette première gorgée et je sens tressaillir en moi quelque chose qui se déplace, voudrait s'élever, quelque chose qu'on aurait désancré, à une grande profondeur; je ne sais ce que c'est, mais cela monte lentement ; j'éprouve la résistance et j'entends la rumeur des distances traversées. Certes, ce qui palpite ainsi au fond de moi, ce doit être l'image, le souvenir visuel, qui, lié à cette saveur, tente de la suivre jusqu'à moi. Mais il se débat trop loin, trop confusément; à peine si je perçois le reflet neutre où se confond l'insaisissable tourbillon des couleurs remuées ; mais je ne peux distinguer la forme, lui demander, comme au seul interprète possible, de me traduire le témoignage de sa contemporaine, de son inséparable compagne, la saveur, lui demander de m'apprendre de quelle circonstance particulière, de quelle époque du passé il s'agit. Arrivera-t-il jusqu'à la surface de ma claire conscience ce souvenir, l'instant ancien que l'attraction d'un instant identique est venue de si loin solliciter, émouvoir, soulever tout au fond de moi ? Je ne sais. Maintenant je ne sens plus rien, il est arrêté, redescendu peut-être ; qui sait s'il remontera jamais de sa nuit? Dix fois il me faut recommencer, me pencher vers lui. Et chaque fois la lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile, de toute oeuvre importante, m'a conseillé de laisser cela, de boire mon thé en pensant simplement à mes ennuis d'aujourd'hui, à mes désirs de demain qui se laissent remâcher sans peine. Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé, les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir. Et dès que j'eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s'appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu'on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j'avais revu jusque là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu'au soir et par tous les temps, la Place où on m'envoyait avant déjeuner, les rues où j'allais faire des courses, les chemins qu'on prenait si le temps était beau. Et comme dans ce jeu où les Japonais s'amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d'eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s'étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l'église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.

Marcel Proust, Du côté de chez Swann.



Mmmmmhhhh le goût des crevettes ravive le souvenir de mes étés d'enfant sur la plage de Cadiz, le goût du sel, le goût du sable, de l'horizon, et de mon "abuela", pas loin, ma grand-mère que j'ai aimé si fort, que j'aime.



Le souvenir est quelque chose de très important pour moi. Une des plus belles choses de la vie. Se souvenir à plusieurs : "tu te souviens quand... ?" et revivre un peu du bonheur passé. Se souvenir de son enfance, et analyser la façon dont la vie nous a été donnée à aborder, se souvenir de ses amours, de ses désirs, de ses rêves, des gens qui ont compté pour nous, de ce qu'ils ont pu nous apporter.

Quand je fais mes séances de souvenirs, j'aime rassembler ce que chaque rencontre m' appris, ce que les personnes que j'ai croisées m'ont laissé, m'ont confié.

D'ailleurs c'est une amie liseuse du blog qui m'a décompléxé de ce hobby nostalgique...

Quant à ma grand-mère, dont il me reste de si beaux souvenirs, j'aime me souvenir qui elle était. Elle parlait elle-même d'ailleurs de ce qu'il me resterait d'elle après sa mort, et me disait, quand je lui exprimais ma gratitude pour ce qu'elle faisait : "je veux que tu aies de beaux souvenirs de moi après ma mort". Ben oui, les Espagnols parlent de la mort tout le temps, ça peut sembler un peu bizarre, mais c'est très sain finalement.

La mort décuple le goût du souvenir.

Et vous, vous avez une "madeleine de Proust" ?

(le texte est très beau, vous avez eu le courage de le lire en entier ?)
(le texte de Proust bien sûr...)


J'ai une affection particulière pour ce personnage du film Amélie Poulain.

Raphaël Poulain n’aime pas : pisser à côté de quelqu’un, il n’aime pas surprendre sur ses sandales un regard de dédain, sortir de l’eau et sentir coller son maillot de bain .

Raphaël Poulain aime : arracher de grands morceaux de papier peint, aligner toutes ses chaussures et les cirer avec soin, vider sa boîte à outils, bien la nettoyer et tout ranger, enfin.


Cet homme enfermé dans ses peurs, dans son mutisme, vit une relation intime avec son nain de jardin...

Peut-être est-ce mon côté morose et grognon en cette matinée grise qui parle ?


Le coeur n'est pas à la fête.